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Les Cahiers de l'ACME

Festival Musica 2007 - « Les chantiers de la création » du 26 septembre au 14 octobre à Strasbourg, France

10 Septembre 2007, 16:57pm

Publié par Vinciane Baudoux

Affiche Musica 2007Le 25e festival international des musiques d’aujourd’hui Musica aura lieu à Strasbourg (Alsace, France) du mercredi 26 septembre au dimanche 14 octobre 2007.

Maître d’ouvrage des évolutions musicales contemporaines, Musica 2007 poursuit son entreprise sur les « Chantiers de la création » - c’est ainsi qu’est sous-titrée cette 25e édition - dans les divers domaines investis par les compositeurs d’aujourd’hui.
Le festival propose donc un programme qui rend compte à la fois des grandes évolutions esthétiques du XXe siècle - avec les œuvres marquantes, déjà inscrites dans le répertoire musical - et les tendances actuelles initiées par de nombreux jeunes compositeurs cultivant plutôt l’ouverture, parfois même la transgression, dans une grande diversité de style, de formes et de genres, y compris l’utilisation de l’électronique.

Cette année, le festival entend témoigner de l’extraordinaire foisonnement musical de ce XXIe siècle commençant et vous propose une centaine d’œuvres de cinquante-huit compositeurs, dont le plus jeune n’a que 24 ans.

Cette édition 2007 s’articule autour de trois axes :

Le premier rend hommage à l’une des plus grandes figures de la scène européenne, le portugais Emmanuel Nunes, compositeur invité (voir plus bas).
Unsuk Chin (c) Eric Richmond / PAL ArenaLe second révèle l’univers d’Unsuk Chin, véritable star dans son pays d’origine, la Corée. Musica consacre à cette élève de Ligeti un portrait découverte en quatre concerts - le samedi 6 octobre à 17 h à la Cité de la musique et de la danse ; le même soir à 20 h au Palais de la musique et des congrès ; le dimanche 7 octobre à 11 h du matin au Palais du Rhin lors d’une matinée consacrée entièrement au piano, avec Andrew Zolinsky ; et enfin, le dimanche 7 octobre à 18 h au Palais des fêtes -, avec des oeuvres caractérisés par la fantaisie, la virtuosité et une prédilection pour les voix féminines. Vous entendrez également à cette occasion trois pièces pour orchestre de Ligeti, décédé il y a un peu plus d’un an (voir notre article), ainsi que des œuvres de Claude Vivier (F) et Conlon Nancarrow (USA), que le maître hongrois appréciait particulièrement.
Quant au 3e axe du festival, il mettra en lumière le travail original de trois compositeurs - François Sarhan (F), Oscar Bianchi (I / S) et Bernhard Lang (A) - qui s’amusent à transgresser les formes et bousculent les frontières des genres, notamment à l’aide de l’électroacoustique.

Dans le programme foisonnant de Musica 2007, nous avons noté les rendez-vous suivants :

Tout d’abord, le concert « Chambre électronique 1 », qui aura lieu le samedi 6 octobre à 22 h 3
Art Git (c) Musica0 à La Laiterie - Le Club, et au cours duquel vous entendrez Jacqueline - comme « jack » et « line » -, un remix déjanté par François Sarhan et Olivier Pasquet de Testimony du même Sarhan, pièce mixte pour ensemble et électronique créée quelques heures auparavant par l’Ensemble Modern ; ainsi que les expérimentation électroniques et électroacoustiques du trio Art Git (photo - Colin Newman, fondateur et chanteur du groupe Wire ; Malka Spigel ; et Robin Rimbaud).

Dans la foulée, allez écouter la « Chambre électronique 2 », qui se déroulera au même endroit le samedi 13 octobre à 22 h 30, avec notamment eRikm qui fera subir à des disques vinyles toute sorte de traitements, et Sébastien Roux qui soumettra à des processus numériques variés le violoncelle de Séverine Ballon.

Parmi les concerts programmant des œuvres d’Emmanuel Nunes, nous vous suggérons d’aller entendre le samedi 29 septembre à 20 h à la Cité de la musique et de la danse celui intitulé « Musique de nuit
». Au programme, Circundante Circunstanciâ dos Círculos de Miguel Azguimeemmanuel Nunes (c) Guy Vivien (P), une création pour ensemble, chœur et électronique sur un poème de ce compositeur portugais ; Nachtmusik 1 d’Emmanuel Nunes pour cinq musiciens et électronique, œuvre dans laquelle l’exclusion de quatre notes (mi, sol, sol dièse et la) donne lieu à une « polarité de l’absence » ; ainsi que  son Vislumbre pour ensemble et ses Epures du serpent vert pour ensemble également, dont ce sera la première française. Et le samedi 23 octobre à 17 h au Palais des fêtes, vous pourrez entendre Lichtung III pour ensemble et électronique du même compositeur .
Ce 3e volet du cycle Lichtung a été créé à Paris en juin dernier et le cycle complet (Lichtung I, II et III) a été donné dans le cadre de la Musikfest 2007 à Berlin (Allemagne) le samedi 8 septembre dernier. Dans ce 3e volet, l’espace, matérialisé par la distribution des sons instrumentaux sur un réseau de haut-parleurs répartis dans la salle, est tissé en un magnifique contrepoint appliqué avec virtuosité à tous les paramètres de la musique, et notamment aux relations entre l’électronique et la partition d’ensemble.

Notons la présence dans le festival de deux ensembles belges : l’Orchestre Philharmonique de Liège sous la direction de Pascal Rophé (le vendredi 28 septembre à 20 h au Palais de la musique et des congrès), qui interprétera des œuvres de Bruno Mantovani (F), James Dillon (GB) et Igor Stravinski (Russie / USA), et l’Ensemble Ictus sous la direction de Georges-Elie Octors (le vendredi 12 octobre à 20 h à la Cité de la musique et de la danse) dans Love Songs de Claude Vivier (F) et en seconde partie, Matra d’Oscar Bianchi, une cantate pour ensemble vocal - les Neue Vocalsolisten en l’occurrence -, ensemble instrumental, électronique et trio concertant (création mondiale).

Enfin, si vous aimez la danse, Michèle Noiret (B) et François Paris (F) présentent Les arpenteurs pour sept danseurs et six percussionnistes ; réalisation informatique musicale CIRM : Alexis Baskind. Dans cette chorégraphie de Michèle Noiret créée au Théâtre National de Bruxelles (Belgique) le 2 mai dernier, les déambulations aux accents mécaniques des danseurs et par moment des musiciens, sont relayées par la musique de François Paris, que les percussionnistes jouent ou que le dispositif électroacoustique diffuse sans relâche à hautes doses d’énergie. Le langage des corps s’en échappe, comme électrisé par cet environnement sonore…
Les Arpenteurs (c) Sergine Laloux
Renseignements :
Festival Musica
Cité de la Musique et de la Danse
1, place Dauphine, BP 90048
F-67065 Strasbourg CEDEX
France
Tél. : [00 33] (0)3 88 23 46 46
Fax : [00 33] (0)3 88 23 46 47
Courriel : info@festival-musica.org

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Création de « Kernel#2 », composition pour dispositif électronique en temps réel de Kasper T. Toeplitz par l’ensemble Kernel le 16 septembre 2007 à Paris, France

7 Septembre 2007, 09:36am

Publié par Vinciane Baudoux

KasperT. ToeplitzLe dimanche 16 septembre 2007 à 20 h 30, vous êtes conviés à venir entendre la création de Kernel#2, la nouvelle œuvre pour électronique en direct du compositeur Kasper T. Toeplitz, avec les musiciens Eryck Abecassis et Wilfried Wendling.
Le concert se déroulera dans la Maison de l’Architecture, Salle de la
Chapelle, dans la cité européenne des Récollets, 148 rue du Faubourg Saint-Martin, dans le Xe arrondissement de Paris, France.

Kasper T. Toeplitz a certes de la suite dans les idées, puisqu’en 2003 déjà, dans une interview qu’il accordait à Roald Baudoux et qui était publiée dans le n° 214, paru en septembre 2003, des Cahiers de l’ACME, il exposait les idées reprises et développées dans Kernel#2.

Ecoutons le compositeur nous présenter sa nouvelle pièce :

« …Kernel#2 est la première composition jouée par Kernel, ensemble de musique électronique. Pas de soundfiles, pas d’échantillons, tous les sons
sont générés et transformés en temps réel par l’électronique tant digitale qu’analogique. Tout le projet de Kernel est là : l’interprétation des partitions de musique électronique, retrouvent la notion de jeu et d’instrument sur les ordinateurs et non plus une simple diffusion de sons figés, préenregistrés.
Qu’une telle démarche implique une composition préalable, “hors-sonore”, et donc la d
éfinition d’un métalangage - sans doute éloigné du solfégique - devient dès lors une évidence. »
La construction-programmation de l’instrument électronique, différent pour chaque pièce, sera la responsabilité de l’interprète - musicien -, la préhension de la partition commençant déjà là. »

Le projet de Toeplitz est singulier dans l’histoire de la musique électroacoustique actuelle, tout d’abord parce que Kernel#2 et les compositions à venir seront interprétées - et non pas improvisées - par l’ensemble Kernel d’après une « pExnsemble d'ordinateurs (c) Kasper T. Toeplitzartition » rédigée dans un métalangage, lui-même en pleine émergence, et sur lequel le compositeur travaille depuis plusieurs années. Ensuite - et il s’agit là d’une constante chez Kasper Toeplitz -, tout se fait en temps réel : il n’y a recours ni à des fichiers sonores, ni à des séquences, ni à des échantillons.
Enfin, les patches - vocable anglais qui recouvre le choix, l’agencement, l’interconnexion et le réglage des différents modules et composantes du système de génération sonore - générant le matériau sonore sont écrits par les musiciens eux-mêmes, l’ordinateur étant enfin considéré comme un instrument à part entière : sa mise en œuvre n’appartient dès lors plus au compositeur, mais bien à l’interprète, en adéquation avec la partition.

Jusqu’ici, le principal logiciel qui a été utilisé pour la programmation des patches est Max/MSP, avec divers insérables (GRM Tools, mda, OhmForce, …). Chaque musicien programme lui-même ses réglages.
Certains appareils externes sont également mis en œuvre, comme un filtre Sherman, ou des modules de commande, en particulier des modules MIDI Doepfer. Bien entendu, cette configuration pourra varier d’une pièce à l’autre, mais c’est bien l’ordinateur qui restera au cœur du dispositif.
L’utilisation de Max/MSP reste optionnelle : selon les pièces, les interprètes pourront recourir à d’autres logiciels musicaux, comme PD, Reaktor ou encore SuperCollider, …

Enfin, sachez que le concert de création de Kernel#2 sera enregistré en vue de la sortie d’un CD sur R.O.S.A.Recording Of Sleaze Art », le label de Kasper T. Toeplitz).

Vinciane Baudoux

Vous retrouverez cette nouvelle et d'autres dans le dernier n° des Cahiers de l'ACME (n° 234 « Spécial NAMM d'été - Austin, USA » qui a été envoyé le lundi 3 septembre 2007 à tous nos membres en ordre de cotisation ; cliquez sur le lien suivant pour avoir un aperçu du n° 234 des Cahiers de l'ACME.


Si vous désirez vous informer plus en détails sur ce projet, vous pouvez télécharger les documents suivants :

exemple de patche utilisé pour Kernel#2 (c) Kasper T. ToeplitzInterview de Kasper T. Toeplitz par Roald Baudoux parue dans les Cahiers de l'ACME n° 214 /sept. 2003
Partition originale de Kernel#2
Notes techniques du projet
Extrait de l'oeuvre au format MP3


Renseignements :
www.sleazeart.com
Contact : Alexandrine
Courriel : alexandrine.kt@free.fr
Tél. : [00 33] (0) 1 42 23 43 10
Portable : [00 33] (0) 670 60 40 02

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