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In memoriam...

Samedi 20 novembre 2010 6 20 /11 /Nov /2010 08:03

 

Né à Gand (B), le 1er juin 1947, il passe son jury d'état à Bruxelles en 1965, puis fréquente à l’Université de Gand (RUG) le « laboratoire de psychoacoustique et courant faible » qui deviendra en 1966 l'IPEM (Instituut voor Psychoakoestiek en Electronische Muziek) après le décès du Professeur H.  Vuylsteke.  Élève libre en acoustique à la London West Bank University avec le professeur Davies de 1968 à 1971,  il sera associé à la construction des Virgin Studios à Oxford (GB), puis successivement conseiller des célèbres studios Morgan à Bruxelles et à Londres, stagiaire au Building Research Institute et au TNO Bouwakoestiek (Holland) et enfin collaborateur en acoustique et métrologie au CSTC (Centre Scientifique et Technique de la Construction : organisme belge officiel de normalisation, de mesure et de test en ce qui concerne la construction, la mesure des isolants, les niveaux de bruit, etc.) ceci à la station de recherche de Limelette.

 

JanMathysSITE 

 

En 1973, il fonde son propre bureau d'études - M.A.A. - s’occupant de l’acoustique de divers bâtiments, auditoires, théâtres, salles de conférences et de concerts, pour dès 1980 étendre son champ d’étude aux équipements audiovisuels et de scénographie.  Il fut aussi conférencier à la KUL (l’université catholique de Louvain) et participa à une multitude de colloques et de conférences tant en Belgique que dans le monde.

Il était depuis de très nombreuses années vice président de la section belge de l’Audio Engineering Society et membre de diverses institutions, commissions et groupes de travail dans les domaines de l’acoustique, de la normalisation et de l’environnement.

Parmi les réalisations dont il était le plus fier, citons à Bruxelles le Théâtre Royal de la Monnaie et les grandes salles du Palais des Beaux-Arts, sans oublier  l’hôtel Sherotel à Moscou.

Connu dans le monde entier pour avoir étudié et mis en œuvre des solutions fiables et économiques à toutes sortes de problèmes acoustiques et de vibrations, de Rabat à Istanbul, de Riad à Moscou, l’acoustique de nombreuses églises, mosquées et synagogues portent également sa signature.  L’acoustique des stations de métro de la STIB à Bruxelles, et de la STIL à Liège, c’est aussi lui !  Les cinéphiles profitent quotidiennement de la perfection de ses réalisations dans les salles bruxelloises de la Cinémathèque, de l’Eldorado ou de l’Acropole, ainsi bien sûr que du complexe Kinepolis qui reste depuis bientôt 30 ans un des modèles du genre !

Mais Jan voulait avant tout transmettre son savoir et son expérience.  Ses étudiants en acoustique des écoles de La Cambre (architecture), de l'INSAS (section son) et du Conservatoire de Mons (section musique électroacoustique) se souviendront longtemps de leur Professeur.

Tous ceux qui l’ont connu perdent un ami très cher, mais ne doutons pas que déjà il a entamé un nouveau chantier visant à améliorer l’acoustique de l’au-delà !

 Willy Aubert

 

 La crémation aura lieu dans l’intimité.

Sa famille, ses amis, collègues et connaissances se réuniront ce dimanche 21 novembre 2010 à 11 heures à la Ferme Remu, Route d’Ohain, 59, à 1332 Genval (Rixensart)...

www.maa.be

Par ACME - Publié dans : In memoriam...
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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 17:06
Munich / AES - RTW a choisi de fêter le trentième anniversaire de son « Peakmeter » à l’AES de Munich.

C’est donc en 1979 que RTW, firme allemande basée à Cologne et fondée en 1965 par Rudolf Twelker, avait lancé son toujours célèbre crête mètre 1206, surnommé le « Peakmeter ». De nombreux exemplaires de la machine sont toujours en exploitation. A l’occasion de cet anniversaire, un concours a d’ailleurs été lancé par la firme pour retrouver le plus vieil exemplaire toujours en état de fonctionnement  - avis, donc, aux collectionneurs de machines millésimées ; plus de détails ici.
Le crête mètre 1206 "Peakmeter" de RTW  
Vingt ans plus tard, en 1999, c’était au tour du premier moniteur Surround, le 10800x, de voir le jour et de devenir l’une des références en la matière.
  Le moniteur Surround 10800x de RTW
Aujourd’hui, c’est donc autour d’un énorme gâteau et de quelques bulles que l’on a fêté l’arrivée du dernier-né de la firme : le Surround Control 31900 / 31960, véritable centre de contrôle avec télécommande pour 8 canaux. Le nouveau venu intègre tous les standards, y compris l’UIT-BS1771 pour la mesure du volume sonore (Loudness). Tous les outils d’analyse du son sont intégrés dans l’unité 31960, destinée à un rack 19’’ et complétée par l’écran mobile 30010 et la télécommande 30050, ou dans la version complète et autonome en rack 31900. Les décodeurs Dolby E et Dolby AC3 sont, eux, en option.
  L'unité 31900 accompagnée de l'écran mobile 30010 et de la télécommande 30050
www.rtw.de
 
Willy Aubert
Par Willy Aubert - Publié dans : In memoriam...
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 20:37
Henri Pousseur Nous apprenons avec tristesse le décès à Bruxelles (Belgique), ce vendredi 6 mars 2009 au matin, du compositeur belge Henri Pousseur des suites d’une broncho-pneumonie.

Né en 1929 à Malmédy (Belgique), Henri Pousseur allait souffler ses 80 bougies le 23 juin prochain. Le festival belge de musique contemporaine Ars Musica (lire l'article) - dont on célèbre cette année les vingt années d’existence - avait d’ailleurs prévu de fêter dignement cet anniversaire.
En hommage au défunt, les organisateurs d’Ars Musica ont décidé de lui dédier cette édition 2009 ; il était déjà prévu de lui consacrer la journée du vendredi 13 mars, avec des tables rondes et des concerts ; étant donné la disparition du compositeur, le programme de la journée a été modifié en conséquence.

Henri Pousseur effectue ses études musicales de 1947 à 1953 aux conservatoires de Liège et de Bruxelles (Belgique) et y découvre le dodécaphonisme avec Pierre Froidebise et André Souris, qui le mettront en 1951 en contact avec le Français Pierre Boulez. Dès lors, il passe à la musique sérielle la plus radicale.

Il travaille dans les studios électroniques de la WDR à Cologne (1954) et au Studio di fonologia de la RAI à Milan (1957), où il rencontrera successivement Karlheinz Stockhausen et Luciano Berio. Il fonde à son tour à Bruxelles, en 1958, le premier studio de musique électronique de Belgique (connu sous le nom de Studio Apelac), où il travaillera notamment avec Léo Küpper et Arsène Souffriau.

En 1960, Henri Pousseur entame avec le poète belge Michel Butor une collaboration qui a perduré jusqu’à ce jour.

De 1961 à 1963, Henri Pousseur travaillera également au Studio de musique électronique de Monaco. En 1965, il fera un passage au studio de musique électronique de Gent (Gand, Belgique), devenu aujourd’hui l’IPEM.

Dans les années 50, il fonde l’association « Musiques nouvelles », dont est issu l’ensemble instrumental éponyme. Celui-ci donnera son premier concert en 1961, avec l’exécution de son œuvre mobile Répons, composée l’année précédente.

Se libérant finalement du carcan d’une orthodoxie trop exclusive à son goût, Henri Pousseur se consacre dès lors à la recherche d’une réintégration dans la musique de tous les éléments syntaxiques et stylistiques bannis par ce que l’on a appelé la « série généralisée » (application à tous les paramètres musicaux - timbres, durées, nuances, tempi, …- des principes sériels que le dodécaphonisme appliquait aux hauteurs de notes, en imposant d’utiliser successivement tous les 12 demi-tons de la gamme chromatique une et une seule fois dans une « série », qui servait de trame à la composition), et qu’il qualifiait quant à lui de « série restreinte », étant donné les restrictions qu’elle imposait au compositeur…

Parallèlement à ses activités de compositeur, Henri Pousseur fut aussi un grand pédagogue. Il enseigna à l’Université et au Conservatoire de Liège (en particulier la composition à partir de 1971), ainsi qu’à Cologne, à Bâle (CH) et à l’Université de l’Etat de New-York à Buffalo (USA) ; là aussi, c'est la composition qu'il enseigna, bien au-delà d'un simple cours d'écriture.
Il deviendra directeur du Conservatoire de Liège en 1975, après avoir fondé dès 1970 dans cette ville - avec Pierre Bartholomée et Philippe Boesmans et grâce à l’appui de Robert Wangermée - le Centre de Recherches musicales de Wallonie, bien connu de nos lecteurs sous le nom de CRFMW (Centre de Recherches et de Formation Musicales de Wallonie).

En 1983, le gouvernement français chargera Henri Pousseur de diriger la remise sur pied d’un Institut de Pédagogie Musicale à Paris, institut qui allait constituer l’embryon de l’actuelle Cité de la musique de La Villette.

Retraité de ses emplois officiels en 1994 (il fut chargé de mission auprès du Ministère de la culture de Belgique francophone de son retour de Paris, en 1987, à 1994), il a encore assumé jusqu’à l’été 1999 une charge de compositeur en résidence à l’Université de Leuven (Louvain, Belgique).

Parmi les œuvres électroacoustiques et mixtes d’Henri Pousseur, on peut noter :

- Seismogrammes I et II pour bande à une piste (Cologne, 1954),
- Scambi pour bande à 2 pistes (Milan, 1957).
- Électre, pièce électronique pour un ballet de Janine Charrat (Bruxelles, 1960). Cette œuvre a valu la même année au compositeur le prix Italia.
- Trois visages de Liège, œuvre pour bande à 2 pistes (1961).
- Votre Faust (1960-1967), « fantaisie genre opéra » pour soprano, alto, ténor, basse, 5 acteurs, 12 instruments et bande, issu de sa collaboration avec Michel Butor.
- Liège à Paris, pièce électroacoustique créée en 1977 à l’occasion de l’inauguration de l’IRCAM à Paris.
- Seize Paysages planétaires, musique « ethno électroacoustique » réalisée en 2000 avec l’aide et dans le studio de son fils Denis. Associées à des images numériques, le tout étant soumis à des variations grâce au logiciel Open Media mis au point par Enrico Bagnoli, cinq de ces seize pièces deviendront les :
- Voix et Vues planétaires, musique « multimédiale » (2003/2004).

Vous pouvez consulter le catalogue complet des œuvres d’Henri Pousseur sur le site Internet du compositeur.

Henri Pousseur a également produit de nombreux écrits, dont L’Apothéose de Rameau (essai sur la question harmonique) [Paris, 1968], Fragments théoriques I sur la musique expérimentale (Bruxelles, 1970), Stravinski selon Webern selon Stravinski (Paris, 1971) et son ouvrage le plus connu, Musique, sémantique, société (Paris, 1972).

Henri Pousseur laisse derrière lui son épouse et ses quatre enfants ; à ses proches, toute l’équipe de l’ACME, qui eut la chance et l’honneur insigne d’être parrainé par lui lors de sa fondation, présente ses condoléances les plus émues.

Vinciane Baudoux

Un livre d'or a été ouvert sur le site Internet d'Henri Pousseur ; vous pouvez le consulter et le signer ici.
Il vous est également loisible de laisser un commentaire au bas de cet article.


- Lire l'interview d'Arsène Souffriau par Stephan Dunkelman, parue en 1988 dans le n° 65 des Cahiers de l'ACME.
- Lire l'interview de Léo Küpper par Fabrizio Rota, parue en 2007 dans les numéros 234 et 235 des Cahiers de l'ACME.
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam... - Communauté : Musiques électroacoustiques
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Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 13:15
Marc Moulin C’est avec tristesse que nous apprenons le décès du musicien belge Marc Moulin ce vendredi 26 septembre 2008 des suites d’un cancer de la gorge. Pour respecter ses dernières volontés, ses funérailles ont eu lieu ce mardi 30 septembre au cimetière d’Ixelles (Bruxelles, Belgique) dans la plus stricte intimité.

Telex - Photo (c) All Music Guide Né à Ixelles (Bruxelles, Belgique) en 1942, Marc Moulin fait son apprentissage musical en étudiant le piano à l’Académie de musique de cette ville et commence sa carrière musicale au début des années ’70 comme pianiste de jazz.  A ce titre, il accompagnera au piano les plus grand solistes de jazz de l’époque lors de leur passage à Bruxelles : Slide Hampton, Dexter Gordon, Benny Bailey, Clark Terry, Johnny Griffin… Il achète un piano électrique Wurlitzer, qu’il conservera jusqu’à la fin de sa vie. Il poursuit en parallèle des études de sciences politiques et de sciences économiques à l’Université Libre de Bruxelles.

En 1971, il fonde, notamment avec le guitariste de jazz Philippe Catherine, le groupe de fusion jazz-rock Placebo, avec lequel il enregistrera trois albums (Ball of Eyes, 1973 et Placebo - sur les deux derniers, Marc Moulin mettra à profit son Mini-Moog tout neuf). Après Placebo, le musicien sort un disque solo de jazz progressif (Sam Suffy, 1975), qui deviendra l’un des disques les plus échantillonnés au monde.
Mais c’est avec le groupe électro-pop Telex, fondé en 1978 avec l’ingénieur du son Dan Lacksman (qui créera plus tard le studio Synsound, à Bruxelles, dans lequel une pléthore d’artistes - et non des moindres - viendront travailler) et l’architecte, designer et parolier Michel Moers, que Marc Moulin fait vraiment son entrée dans l’univers encore émergent des synthés (analogiques, à l’époque).
A l’instar de Kraftwerk (Radio-activity, 1976) en Allemagne ou de Jean-Michel Jarre (Oxygène, 1976) en France, Telex contribua à rendre la musique électronique populaire en Belgique et sur la scène internationale, notamment avec leur tube Moskow Diskow (voir la vidéo). De nombreux artistes de House et de Dance se réclament, aujourd’hui encore, de Telex ; les lignes de « basse » crées par Marc Moulin sur le Mini-Moog préfigurent déjà les lignes de basse synthétiques de la House. Une des marques de fabrique de Telex, outre l’utilisation des synthés, est celle du Vocoder, qui reviendra d’ailleurs plus tard sur les indicatifs de « Radio Cité » (voir plus bas).
Le groupe représenta même la Belgique lors du Concours Eurovision de la Chanson en 1980, avec une chanson très « second degré » intitulée… Euro-vision (voir la vidéo). Les membres de Telex finirent avant-dernier du concours - à leur grand regret, car ils visaient en fait la dernière place -, non sans s’être taillé au passage une solide réputation d’amuseurs publics pince-sans-rire, réputation qui devait se confirmer dans la carrière radiophonique de Marc Moulin.

Pochette Top Secret En effet, le musicien fut également un homme de radio et de télévision. Très tôt sollicité par la radio en raison de ses connaissances dans le domaine du jazz et des musiques « novatrices », il fut producteur à la RTBF (qui s’appelait encore la RTB), la radiotélévision publique belge, dès 1967 et il y anima notamment les émissions radiophoniques « Cap de nuit », « King Kong », « Radio Crocodile » et, les week-ends de 1978 à 1986, « Radio Cité », une séquence qui fut créée en même temps que la bande FM et permit à ses auditeur de découvrir les musiques les plus diverses.
Tout le monde se souviendra également des émissions satiriques et désopilantes « Le jeu des dictionnaires » et « La semaine infernale », que Marc Moulin agrémentait de son humour souvent grinçant en compagnie de « complices » tout aussi déjantés que lui (on pense à Philippe Geluck, père du « Chat » ou encore à Jacques Mercier, créateur avec Marc Moulin du « Jeu des dictionnaires », au dessinateur humoristique Pierre Kroll, …).

Marc Moulin aux claviers Dans la droite ligne de ses parents, Léo et Jeannine Moulin, qui étaient tous deux écrivains, Marc Moulin fut lui aussi un homme de plume. Ainsi, il tenait la chronique politique Humoeurs dans l’hebdomadaire belge de radiotélévision « Télémoustique » (le « Télérama » belge) ; on lui doit également des pièces de théâtre et des essais.
Musicien, producteur, écrivain… à toutes ces cordes, Marc Moulin ajoutait encore celle de l’enseignement : il était professeur à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion) de Louvain-la-Neuve, en Belgique.

L’œuvre musicale personnelle de Marc Moulin mêle soul, musique électronique et jazz, un concept qu’il développa en particulier dans trois albums - Top Secret (2001 ; 100.000 copies vendues, Disque d’or en Belgique), Entertainment (2004) et I am you (2007) - parus sur le label de jazz Blue Note.
Dernièrement, il avait encore produit l’album Guitars II de son ami Philippe Catherine ; ce fut son dernier travail musical. Il avait également collaboré avec de nombreux artistes de la chanson, parmi lesquels Julos Beaucarne, Alain Chamfort, Viktor Lazlo, ou encore Lio

Aux proches de Marc Moulin, nous présentons nos condoléances les plus sincères au nom de toute l’équipe de l’ACME.

Couverture "Les neuf vies de Marc Moulin" de Thierry Coljon
Références :

- Le journaliste belge Thierry Coljon, responsable de la rubrique des musiques non classiques au journal « Le Soir », a publié chez Luc Pire une biographie de Marc Moulin sous le titre « Les neuf vies de Marc Moulin » (N° ISBN : 9782874157257).
- Site Internet officiel de Marc Moulin.
- Site Internet officiel de Telex.

Merci à Roald Baudoux.

Vinciane Baudoux
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam... - Communauté : C'est du belge
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Vendredi 1 août 2008 5 01 /08 /Août /2008 11:30
Michel Waisvisz - photo (c) NIP C’est donc plus d’un mois après la survenance de ce triste événement que nous apprenons le décès, le 18 juin dernier, du musicien électronique hollandais Michel Waisvisz, né le 8 juillet 1949.
Si nous l’avons appris que bien tardivement, son décès lui-même ne fut malheureusement pas une véritable surprise, Michel Waisvisz combattait en effet depuis de nombreux mois la maladie qui allait finalement l’emporter.

Michel Waisvisz était surtout connu comme compositeur-interprète de musique électronique en direct. Il avait développé de nouvelles interfaces permettant de piloter des instruments électroniques par le toucher. Il s’agissait parfois d’entrer directement en contact avec le courant électrique à l’intérieur même du dispositif, le musicien devenant une pièce pensante de la machine…

La Craklebox, ancienne et nouvelle mouture Michel Waisvisz fut l’un des tous premiers à utiliser des synthés sur une scène de concert, ainsi que des dispositifs de commande gestuelle.
Dans ce domaine, il inventa notamment la CrackleBox, (« Krakdoos » en néerlandais - photo à droite (c) mwais/crackle.org), un instrument de synthèse sonore analogique alimenté par piles, qui se présente sous la forme d’une petite boîte en bois dotée d’un circuit imprimé, dont les contacts sont ouverts ou fermés grâce au contact direct de la main - moite de préférence - de l’utilisateur, ainsi que des Hands (« mains »), sorte de claviers miniatures adaptés aux deux mains et équipés de capteurs variés capables de traduire instantanément les mouvements de la main, du bras et des doigts en données sonores.
Il fut également, avec Frank Bald, le concepteur de logiciels spécialement conçus pour les performances en direct, comme LiSa (« live sampling » -  voir copie d'écran  en dessous à droite), primé en 1998 à Synthèse Bourges, et JunXion.

Outre ses performances en solo et ses compositions pour le théâtre musical, il collabora avec de nombreux musiciens comme Laurie Anderson, Steve Lacy, Jan Werner (Mouse on Mars), Truus de Groot, Najib Cheradi, Hans Tutchku, Moniek Toebosch, The Nieuw Ensemble, DJ Spooky, Willem Breuker, l’Orchestre Symphonique de San-Francisco, Maarten Altena, …

Le logiciel LiSa - copie d'écran En 1973, il rallie le STEIM (Studio for Electro-Instrumental Music, Amsterdam, Pays-Bas), une nouvelle structure dans laquelle des artistes issus des milieux de la musique, du théâtre, de la danse et du multimédia, ainsi que des DJ’s et des vidéastes, viennent développer leurs propres instruments de musique électronique. Au début des années quatre-vingt, il en devient le directeur.

Michel Waisvisz est par ailleurs le concepteur de la « Physical Philosophy » (littéralement : « philosophie physique »), une « philosophie » dont les axiomes sont remplacés par des objets physiques…

Il militait pour que les artistes, afin d’éviter la « contamination » de leurs œuvres par le conformisme des outils de création standardisés, adaptent outils et instruments en les modifiant (cf. le concept de « Circuit Bending »), voire les construisent sur mesure.

Couverture Cahiers de l'ACME n° 89 Dans les années ’70, en parlant des instruments électroniques, il lança le slogan : « Si tu ne l’ouvres pas, ce n’est pas à toi ! ». Cette maxime est devenue la profession de foi du STEIM : les créateurs de musique y sont en effet encouragés à jouer un rôle majeur dans la conception et la construction de leurs propres instruments destinés à la musique électronique en direct.

Plus récemment mais toujours dans la même optique, c’est encore Michel Waisvisz qui fut à l’origine du projet OIK (« Open It Kit ») au STEIM.

 En tant que performeur et dès ses débuts comme étudiant autodidacte, Michel Waisvisz s’est produit sur une grande variété de scènes, depuis les lieux intimistes destinés aux performances d’avant-garde jusqu’aux salles grand public.

Enfin, sachez qu'un article lui a été consacré dans le n° 89 de nos Cahiers (31 juillet 1989), à l'occasion de sa présence au festival Synthèse de Bourges le 10 juin 1989. Vous pouvez télécharger cet article
ici.

Au revoir, Michael, les électroacousticiens, luthiers électroniques et autres « bidouilleurs de circuits » de part et d’autre de l’Escaut ne t’oublieront pas de sitôt…

Vinciane Baudoux.
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam... - Communauté : Création musicales
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /Avr /2008 18:13
Nous apprenons le décès, ce 20 avril aux USA, de Bebe Barron, pionnière américaine de la musique électronique et électroacoustique.

Bebe Barron est née Charlotte Wind, à Minneapolis (USA) le 16 juin 1925.

Titulaire d’une licence en sciences politiques de l’Université du Minnesota et d’une licence en ethnomusicologie de l’Université de Mexico, elle étudie notamment la composition avec Roque Cordero, puis avec Wallingford Reigger et Henry Cowell.

Bebe et Louis Barron dans leur studio (c) les héritiers de Bebe et Louis Barro En 1947, elle va habiter à New-York et épouse Louis Barron. A l’occasion de leur mariage, les Barrons
(photo) reçoivent en cadeau un enregistreur à bande, sur lequel ils font des expériences d’enregistrement et de manipulation sonores.

Les Barrons  montent leurs propres circuits électroniques. Ceux-ci, construits autour de tubes à vide, possèdent chacun leurs propres caractéristiques en matière de hauteur, de timbre et de rythme. Les Barrons amplifient les sons issus de ces circuits et les enregistrent pour constituer leur propre bibliothèque sonore en vue de compositions ultérieures - pas de « soundfonts » téléchargeables sur Internet à l’époque ! Ils recourent également aux techniques de montage sur bande.

Contrairement aux oeuvres réalisées ailleurs, celles qui ont été produites dans le studio personnel des Barrons font apparaître de longues phrases musicales, dont la source est souvent constituée de cellules rythmiques soumises à un processus de retard sur bande, associées à la finesse des timbres produits par les tubes à vide. Ce style - la marque de fabrique Barron - est représentatif de leur travail personnel, mais également très « typé » par les technologies d’époque, ce qui lui donne un petit côté « vintage ».

Affiche pour Forbidden Planet Le couple Barron passera à la postérité pour la réalisation de la première bande sonore électronique pour le film de science-fiction en cinémascope « Forbidden Planet » (1956), ce qui, étant donnés les moyens technologiques employés à l’époque, constituait un exploit !

Si, à l’écoute, la composition - tout comme le film d’ailleurs - présente un aspect « vieillot », il convient néanmoins de resituer cette création dans son contexte : à l’époque, bien plus qu’aujourd’hui, la musique était censée apporter un soutien important à l’image - ce que l’on faisait d’habitude en écrivant une partition pour un orchestre symphonique.
Dans le cas de « Forbidden Planet », les deux électroacousticiens ont composé une musique de film avec des sons électroniques de leur fabrication ; le but était de donner une ambiance sonore « futuriste » au film, ce qui fut une réussite totale !
 
En 1973, après son divorce, Bebe épouse en secondes noces le scénariste Leonard Neubauer. Elle poursuit sa carrière dans l’univers électroacoustique et devient dans la foulée la première Secrétaire de la « Society for Electro-Acoustic Music in the United States » (SEAMUS) en 1985 ; elle fera également partie du Conseil de direction de cette institution.

En 1997, Bebe a reçu le Prix SEAMUS
pour le travail réalisé par le couple Barron (Louis Barron est décédé en 1989) dans le domaine de la musique électroacoustique.

Bebe Barron-Neubauer laisse derrière elle son second époux Leonard et son fils, Adam.

Le présent lien Internet vous renverra au site Internet de Synthopia, qui vous propose une biographie de Bebe Barron en anglais, des extraits vidéo de « Forbidden Planet » et d’une interview de la compositrice, la liste de ses œuvres principales (composées entre 1952 et l’an 2000) et d’autres liens Internet pour approfondir le sujet .

Pour votre édification, vous pouvez  également écouter des extraits de la BO de Forbidden Planet (site Internet d'Amazon).

Enfin, sachez qu’un livre spécifiquement dédié à l’analyse musicale du film Forbidden Planet et intitulé « Louis and Bebe Baron’s Forbidden Planet : A Film Score Guide », par James Wirezbicki, a été publié chez www.scarecrowpress.com.

Vinciane Baudoux
 
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam...
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Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /Mars /2008 16:54
Vous pensiez que le tout premier enregistrement sonore avait été réalisé en 1877 par Thomas Edison ? Eh bien non : l’inventeur du phonographe devra désormais laisser la place sur la première marche du podium des pionniers de l’enregistrement sonore à celui du « phonautographe ». En effet, Edouard-Léon Scott de Martinville, un typographe français, enregistra 10 secondes d’une voix de femme chantant « Au clair de la lune » dès 1860, soit 17 ans avant l’invention du phonographe par Edison.

Problème : si le Français a certes inventé l’enregistrement sonore (son « phonautographe » transcrivait les vibrations sonores au moyen d’un stylet sur du papier préalablement noirci à la fumée d’une lampe à huile), il n’avait pas abordé la question de la reproduction sonore, dont la paternité revient bien à Edison.
Mais tout vient à point à qui sait attendre et 149 ans à peine après la « prise de son », les chercheurs américains du Lawrence Berkeley National Laboratory (LBNL) ont réussi à reconstituer les sons à partir d’images numériques de l’enregistrement de Scott de Martinville.

C’est en février de cette année que les « archéologues sonores » de l’association américaine First Sounds, qui traque les plus vieux enregistrements sonores existants dans le monde entier, ont fourni aux chercheurs du LBNL une douzaine de « phonautogrammes » de Scott de Martinville, retrouvés à l’Académie des sciences et à l’Institut de France, à Paris.

David Giovanni tenant un phonautogramme (c) Isabelle Trocheris David Giovannoni, l’historien américain des technologies audio qui a initié les travaux de recherches du LBNL, présentera les résultats de ces travaux et diffusera l’enregistrement en public ce vendredi 4 avril 2008 lors de la conférence annuelle de l’Association for Recorded Sound Collections (ARSC), qui aura lieu à la Stanford University, à Palo Alto, en  Californie (USA).

Mais pas besoin de courir réserver votre billet d’avion pour les States : vous pouvez écouter cet enregistrement historique ici ! Comme vous l'entendrez, les technologies audio ont heureusement fait des progrès depuis...
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam...
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 23:32
Kralheinz Stockhausen (c) AP Le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen, pionnier des musiques électronique, électroacoustique et mixte, est décédé le mercredi 5 décembre à l'âge de 79 ans dans la petite bourgade de Kürten (Allemagne), où il résidait, a-t-on appris ce vendredi 7 novembre 2007 par l'Académie des Arts de Berlin, qui vient confirmer l’annonce faite un peu plus tôt par la télévision publique allemande ZDF.

Karlheinz Stockhausen était né le 22 août 1928 à Mödrath, près de Cologne (Allemagne). Il avait perdu ses parents de façon tragique durant la seconde guerre mondiale.

Il était l’un des compositeurs contemporains les plus connus, au même titre que les Français Olivier Messiaen - dont il fut l’élève - et Pierre Boulez - qui était son ami -, ou encore le Hongrois György Ligeti (voir notre article), qui collabora brièvement avec lui au studio de Cologne.
Il laisse derrière lui une oeuvre immense, écrite sur une période de plus de 50 ans.

Stockhausen a commencé à composer dans les années 1950 et est devenu célèbre dans les années 1960 et 1970, notamment avec son « Gesang der Junglinge » (« Chant des adolescents »), écrit entre 1955 et 1956, ou encore avec son « Klavierstücke », une pièce pour piano composée selon les principes de la musique aléatoire. Sur une feuille, 19 cellules musicales sont placées de façon irrégulière ; l’interprète choisi au hasard celle par laquelle il commence l’exécution de la pièce, et ainsi de suite, selon des indications précises de tempo, de nuance et d’attaque. De cette façon, la pièce sera jouée d’une infinité de manières et tous les sons seront exploités, d’où son intitulé au pluriel et non au singulier (littéralement, « Klavierstücke » signifie « pièces pour piano »).
Ce principe de variété dans la répétition de cellules musicales fut entre autres repris - dans un tout autre style musical - par le compositeur « minimaliste » américain Terry Riley (né en 1935) dans sa pièce « In C ».

Stockhausen laisse derrière lui, outre quelque 280 compositions, dont plus de 140  - la moitié - sont des œuvres électroniques et électroacoustiques, de nombreux essais consacrés à la musique.

Stockhausen dans le studio de musique électronique de la WDR Ce qui caractérise cette œuvre, outre son gigantisme, c’est d’une part l’utilisation de l’électronique  - rappelons qu’à partir de 1953, Stockhausen a participé aux créations du studio expérimental de musique électronique de la radio allemande WDR (Westdeutscher Rundfunk) à Cologne (fondé en 1951 par Herbert Eimert), studio pour lequel il joua le même rôle pionnier qu’un Pierre Schaeffer ou qu’un Pierre Henry au GRM (Groupe de Recherches Musicales) à Paris -, et de l’autre, le caractère monumental de certaines pièces, dont l’exécution peut nécessiter plusieurs orchestres (« Gruppen », 1955), ou durer très longtemps ; ainsi, l’exécution de son cycle « Licht » se déroule-t-elle sur les sept jours de la semaine.

Kontakte - extrait de la partition
Karlheinz Stockhausen fut l’un des premiers compositeurs de musique électroacoustique à se préoccuper de la spatialisation. Dans sa pièce « Kontakte » (à gauche, un extrait de la partition ) pour piano, percussion et bande, il a placé un haut-parleur au centre d’une grande table ronde qui exécutait six révolutions complètes par seconde. Il a enregistré ces sons en rotation et les a diffusés via un magnétophone multipiste et quatre haut-parleurs disposés autour du public. Cela peut paraître rudimentaire à côté de nos acousmoniums modernes, mais rappelons que ceci se passait en 1958 et qu’il s’agit-là de la toute première spatialisation sonore d’une pièce mixte !

Dans un tout autre ordre d'idées, Stockhausen avait eu l’honneur de figurer sur la pochette mythique du non moins mythique « Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band », sur laquelle les Beatles avaient voulu représenter toutes les personnalités qui les avaient influencés.
Pochette de Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles
Karlheinz Stockhausen a été marié deux fois et a eu six enfants.

Cliquez sur le lien suivant pour lire l'interview d'Antonio Pérez Abellan, le claviériste de Karlheinz Stockhausen, par Fabrizio Rota, parue dans le n° 223 des Cahiers de l'ACME (juillet 2005).
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam...
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 22:43
Le danseur et chorégraphe Maurice Béjart, pionnier du ballet moderne, s’est éteint ce jeudi 2 novembre 2007 à l’hôpital de Lausanne, en Suisse ; il avait quatre-vingt ans.
Maurice Béjart en 1984
Béjart, de son vrai nom Maurice Berger (il se fera appeler Béjart en hommage à Armande Béjard, la compagne de Molière), fils du philosophe français Gaston Berger et lui-même diplômé de philosophie, naît le 1er janvier 1927 à Marseille (France). Il apprend la danse avec Mmes Egorova et Rousanne à l’Opéra de Paris, ainsi qu’avec Rolant Petit et, à Londres, Vera Volkova.
Sa première apparition sur scène a lieu en 1945 dans sa ville natale.
En Suède, il découvre l’expressionnisme chorégraphique et l’oeuvre musicale d’Igor Stravinski. En 1952, il signe d’ailleurs sa première chorégraphie - dont il est également le principal interprète - sur la musique de « L’oiseau de feu » du compositeur russe, pour un film suédois éponyme.

Le Boléro, chorégraphie de Béjart sur la musique de Ravel Parmi ses chorégraphies les plus connues, on peut noter « Le Sacre du printemps » (1959), toujours sur une musique d’Igor Stravinsky, ou encore le « Boléro » de Ravel (1961 - photo), toutes deux créées à Bruxelles (Belgique). Son répertoire ira de Beethoven à Pierre Henry et Pierre Schaeffer, en passant par Pierre Boulez, …

Béjart estimait avoir réalisé son premier grand spectacle chorégraphique en 1955 à Paris avec la « Symphonie pour un homme seul », sur une musique électroacoustique coécrite par Pierre Henry et Pierre Schaeffer.
Ecoutons Schaeffer s’exprimer à propos de la « Symphonie » : « Comment répondre à la clameur des foules ? Par des violons ? par des hautbois? Et quel orchestre peut se vanter d’équilibrer cet autre cri que l'homme dans sa solitude n'arrive pas à pousser ? Renonçons aux accents du violoncelle, trop lâches pour l'homme d’à présent, son épopée quotidienne et son angoisse collective. Des pas, des voix, des bruits familiers suffiront. Des pas le pressent, des voix le traversent qui font l'amour ou la guerre, le sifflement des bombes ou un air de chanson. Que le danseur moderne, sans costume ni décor, soit sans tambour ni trompette. Au rythme de son propre cœur, s'il est sincère, sa danse sera plus vraie. »
Œuvre pionnière tant au plan chorégraphique que musical, la « Symphonie pour un homme seul » rompt définitivement avec le ballet traditionnel ; Béjart considérait que le tutu était « pornographique » et rêvait de populariser la danse classique, ce en quoi il réussit parfaitement.

Pierre Henry - Pochette CD Messe pour le temps présent C’est également sur des musiques de Pierre Henry que Béjart créera son ballet « Orphée » (1958), considéré par le chorégraphe lui-même comme l’une de ses œuvres majeures, ainsi que « Messe pour le temps présent » (1967, musique co-écrite avec Michel Colombier pour les parties instrumentales).

Avec le critique Jacques Laurent, Béjart avait fondé en 1954 les Ballets de l’Etoile à Paris. Mais il n’est pas satisfait de la vie qu’il mène en France et le tournant de sa carrière sera sa nomination à la direction de la danse au Théâtre royal de la Monnaie (TRM) à Bruxelles (Belgique), où il crée son fameux Ballet du XXe siècle.
A Bruxelles, Béjart bénéficie d’une liberté et de moyens qu’il n’avait pas à Paris ; ceci, ajouté au fait qu’il restera 27 ans au TRM, explique qu’il ait créé la majeure partie de ses quelques 200 chorégraphies (!) en Belgique.
En 1987, suite à un désaccord avec Gérard Mortier, alors directeur du TRM, il quittera finalement son pays d’adoption pour la Suisse et les Ballets de Lausanne, qui lui offraient de meilleures conditions de travail et financières ; sa troupe, qu’il emmène avec lui, prend dès lors le nom de « Béjart Ballet Lausanne ».
Il terminera sa vie à Lausanne, y travaillant encore jusqu’à quelques jours avant son décès. Les trente-cinq danseurs de sa troupe répètent en effet actuellement son tout dernier spectacle, intitulé « Le Tour du monde en 80 minutes », dont la première est prévue le 20 décembre 2007 à Lausanne, avant une tournée mondiale.

Outre la musique classique (Beethoven), les derniers bastions de la musique tonale (Stravinski et Wagner) ou la musique concrète et électroacoustique (Henry et Schaeffer), Béjart puisera aux sources de nombreux courants musicaux pour y abreuver son œuvre : jazz (Duke Ellington), « musiques du monde » - mexicaine et hindoue notamment - bien avant l’invention de ce terme par Peter Gabriel, rock (Queen).
Il aura même l’audace de s’attaquer à ce monument de la musique classique qu’est la 9e Symphonie de Beethoven, dans une chorégraphie mettant en scène des danseurs de 29 nationalités, s’attachant ainsi à exprimer par la danse la métaphore de paix et de fraternité humaine contenue musicalement dans l’« Hymne à la joie », dont les instances européennes décidèrent bien des années plus tard de faire l’hymne officiel de l’Union européenne !

Mais Béjart, s’il révolutionna de fond en comble la danse du XXe siècle, connut aussi ses détracteurs. Ainsi, après avoir été accusé de plagier les nouveaux chorégraphes américains (Merce Cunningham p. ex.), il se verra reprocher ses innovations et son traitement « iconoclaste » de certaines oeuvres classiques, comme les Contes d’Hoffmann d’Offenbach (1962), ce qui lui vaudra même d’être arrêté, menotté et expulsé du Portugal en 1968 !

Tout grand créateur doit tôt ou tard faire face au problème de la transmission, et là aussi, Béjart fut innovant.
Ainsi, l’école de danse Mudra, qu’il fonda à Bruxelles en 1970, forma de danseurs et des chorégraphes dont certains connurent à leur tour la célébrité, comme les Belges Anna-Teresa De Keersmaeker, Michèle Noiret ou Michèle-Anne De Mey (la sœur du compositeur Thierry De Mey). A Mudra, outre la danse, les élèves s’initiaient également au chant, au solfège et au théâtre, ce qui paraît aujourd’hui aller de soi, mais c’était loin d’être le cas à l’époque. L'école ferma malheureusement en 1987 lors du départ de Béjart en Suisse.

« Un chorégraphe n’est pas le maître de la danse mais son premier serviteur », déclarera Béjart en 1995 dans son discours d'entrée à l’Académie des Beaux-Arts, mettant ainsi le chorégraphe dans un rapport à la danse comparable à celui du chef d’orchestre dans la musique : en effet, que serait celui-ci sans le compositeur et sans les musiciens de l’orchestre ?

Personnalité mystique, Béjart, après s’être tourné un moment vers le bouddhisme, s’était converti à l’islam soufi, qu’il avait découvert en Iran en 1973.

Quinze jours avant sa disparition, il faisait part dans une lettre de ses dernières volontés à son ami l’écrivain belge Michel Robert, à qui il confiait qu’il voulait prendre la nationalité belge, et qu’il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur la plage d’Ostende, en Belgique…

Maurice Béjart « est sans doute déjà en train de faire danser les étoiles », a déclaré de son côté son ancien danseur étoile Patrick Dupond. Il « va laisser une lumière indélébile. Son œuvre va perdurer à travers tous les danseurs et danseuses qu'il a fait travailler ».

Nous n’en doutons pas un instant. Et que la nuit, Maurice, soit toujours constellée d’étoiles…

Vinciane Baudoux.

Cliquez ici pour lire le texte intégral de la lettre envoyée par Maurice Béjart à l’écrivain belge Michel Robert quinze jours avant son décès.

Cliquez ici pour écouter Maurice Béjart dans « L’invité du dimanche » en 1970 sur TF1 (archives INA), une émission de télévision au cours de laquelle il expose en détails sa conception de la danse.
Par Vinciane Baudoux - Publié dans : In memoriam...
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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 17:13

Nous ne pouvions clôturer 2006 sans tenir compte d’un autre anniversaire d’importance : celui-ci s’est déroulé alors que nous étions à l’IBC d’Amsterdam...

C’est en effet en septembre 1956 que le premier système de stockage à disques magnétiques a vu officiellement le jour chez IBM : 350 plaques de  29,5 pouces (largeur maximale pour que l’engin puisse franchir les portes de leurs bureaux).  Celui-ci occupait un local entier et ses disques tournant à 1.200 tours/minute permettaient d’atteindre une capacité de 5 millions de caractères (de 7 bits à cette époque), correspondant à peine aujourd’hui à un petit morceau de musique en MP3 surround – tandis qu’à la même époque les enregistrements s’effectuaient en mono sur magnétophones Ampex à bande pesant, eux, une bonne centaine de kilos !

 

 

 Prototype de 1953...

Répondant au doux nom de IBM 305 RAMAC (pour "Random Access Method of Accounting and Control" ou méthode de comptabilisation et de commande à accès sélectif), il coûtait 50.000 dollars et disposait d'une densité d'information de 2.000 bits par pouce carré, le transfert des données s'effectuant à la vitesse impressionnante de 8.800 caractères par seconde...

Depuis, plus de deux milliards de disque durs magnétiques ont été fabriqués et aujourd'hui un disque dur d'un demi-téraoctet ne coûte plus que 250 €, ce qui équivaut à 100.000 fois plus de capacité pour 200 fois moins cher, soit 20 millions de fois moins cher que son ancêtre – ceci sans tenir des dévaluations: le modèle actuel est donc en fait encore nettement plus économique!

 

 

Petite chronologie du disque dur :

1956      premier disque dur IBM RAMAC

1962      premières têtes à coussin d'air, l28 Mb - la densité est multipliée par 1.000

1965      premiers disques " extractibles "

1966      premières têtes en ferrite

1973      le modèle surnommé « Winchester » possède une capacité de 60 Mb, c'est l'ancêtre de nos disques modernes

1979      premières têtes à film mince

1979      les premiers disques de 8 pouces remplacent le standard de 14 pouces.

1980      le ST-506 de Seagate est le premier disque de 5 pouces 1/4 , il sera utilisé dans les premiers PC

1983      Rodime présente le RO-352, le premier 3,5 pouces

1985      apparition de Quantum avec une carte ISA sur laquelle était monté un disque dur de 10,5 Mb pour équiper les PC qui en étaient dépourvus

 

1986      Conner présente le CP-3022 avec une nouvelle technologie pour les 3,5"

1988      Conner réduit la hauteur du CP3022 à un pouce.

1988      PrairieTek lance le 2,5 pouces qui deviendra la norme pour les ordinateurs portables

1990      arrivée du modèle 681 (Redwing) d’IBM, un 857 MB à tête Magnétorésistive.

1991      on remplace la couche d'oxyde par un film mince

1991       premiers disques de 1,8 pouce de chez Integral Peripherals, ils seront utilisés dans les PC-Card

1992      Hewlett Packard lance le  C-3013A, c'est le premier 1,3"

2005      Toshiba présente le premier disque de la dimension d'une pièce de un euro !

(à suivre...)

Willy Aubert

Par Willy Aubert - Publié dans : In memoriam...
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