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Les Cahiers de l'ACME

France Musique : deux « Greniers de la Mémoire » sur André Boucourechliev les 11 et 18 novembre 2007

14 Novembre 2007, 17:10pm

Publié par Vinciane Baudoux

logo France MusiqueConçus en 1994 par Karine Le Bail et placés sous le signe de l’archive radiophonique, « Les Greniers de la Mémoire » font, tel un passeur de mémoire, revivre des trajectoires croisées : celle de la radio et celles des créateurs.
Par le biais d’un montage contemporain privilégiant la voix ainsi qu’une programmation musicale puisant principalement dans les réserves de l’INA, cette émission, audible tous les dimanches de 11 h à 12 h sur France Musique, explore et exploite les innombrables richesses de la radio et s’interdit toute barrière stylistique, revisitant des parcours d’artistes aussi divers que Paul Claudel et Luis Mariano, Luciano Berio ou encore Charles Trenet. L’occasion de réentendre ou de découvrir la radio des années d’après-guerre ; une radio qui prend son temps et où la musique est souvent souveraine ; une radio où la parole se déploie dans de grands entretiens avec les créateurs.

Les Greniers de la Mémoire a décidé de consacrer ses deux émissions des dimanches 11 novembre et 18 novembre 2007 à André Boucourechliev à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition.

Penseur, musicien et essayiste libre et prospectif, André Boucourechliev fut une des grandes figures de la musique contemporaine des années 1950-1970. Egalement homme d’écrit et de radio, il s’est volontiers confié aux micros de Radio France des années 1960 aux années 1990. De ces années subsistent de nombreuses archives, conservées par l’INA, au travers desquelles Karine Le Bail et Philippe Tétart vous proposent un voyage de deux heures au pays musical de « Boucou », comme l’appelaient ses proches.

André Boucourechliev au magnétophone (c) Photo SouseAndré Boucourechliev naît à Sofia (Bulgarie) le 28 juillet 1925. Vingt-quatre ans plus tard, l’élève du Conservatoire bulgare obtient le Grand prix du concours national de piano. Il s’installe alors en France et est naturalisé en 1956. A l’Ecole normale de musique, il suit les cours de Georges Dandelot (harmonie) et de Reine Gianoli (piano). Il profite aussi des cours privés d’Andrée Vaurabourg-Honegger (contrepoint).
Ses rencontres avec ses contemporains, tels Bruno Maderna, Luciano Berio, Pierre Boulez, qu’il rencontre à Paris, à Milan et à Darmstadt au cours des années 1950, constituent une part essentielle de son apprentissage.
Diplômé de l’ENM en 1951, Boucourechliev y enseigne le piano et continue à se perfectionner auprès de Walter Gieseking à Sarrebruck (1955). Après avoir fait ses premières armes à Darmstadt, il vient à la composition en 1954 par le biais d’un des domaines les plus pionniers de l’époque : la bande magnétique. Cette expérience donne, en 1957 puis en 1959, Texte I et Texte II, réalisés respectivement dans les studios du studio de fonologia à Milan et du GRM (à l’époque encore rattaché à l’ORTF).
Le même souci de modernité se manifeste dans la suite dans son œuvre. Ses cinq Archipels (1967-1972) lui permettent de conquérir une renommée internationale.
Au cours des années 1970-1980 Boucourechliev compose de nombreuses œuvres présentant une dimension expérimentale, dont son Threne pour chœurs, récitants, orchestre et bandes magnétiques (1973-1974).
On ne saurait oublier, par ailleurs, qu’André Boucourechliev - disparu le 13 novembre 1997 - fut critique musical, notamment pour La NRF et Harmonie, qu’il laisse une œuvre considérable dans le domaine de l’esthétique musicale et de la musicologie - à l’instar de son Langage musical publié en 1993 chez Fayard -, qu’enfin il fut un producteur de radio inspiré et respecté.
Partition d'André Boucourechliev (c) Fondation André Boucourechliev
A propos de l’imprévisible et de la mobilité dans ses compositions : « Je connais toutes les possibilités, mais je n’ai pas prévu la formulation concrète de toutes ces possibilités, et je sais que ce réseau peut se tisser de toutes ces façons-là : ce sont ces possibilités que j’envisage et dont je ne sais pas et ne veux pas savoir comment elles vont se concrétiser ». Propos recueillis par Costin Cazaban et Alain Lompach dans Le Monde du 15 novembre 1997.

Cliquez ici pour réécouter l’émission du dimanche 11 novembre 2007, qui restera sur Internet jusqu’au samedi 17 novembre 2007.
La seconde émission sera quant à elle diffusée sur France Musique le dimanche 18 novembre 2007 à 11 h, et pourra être réécoutée jusqu’au samedi 23 novembre 2007.

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