L'équipe rédactionnelle de l'ACME comprend des professionnels ingénieurs du son, compositeurs, éditeurs de musique et enseignants. Des contributions régulières émanent également de personnes étrangères à la rédaction, qu'il s'agisse de professionnels ou d'amateurs éclairés.
Depuis quelques années, l'ACME publie également sur le Web. La présente version du site est la troisième.
Etait-il bien nécessaire de vouloir ressusciter le temps d’un album les quatre célébrités de Liverpool ?
Si certains fanatiques n’ont pas manqué de crier au scandale, il n’est peut-être quand même pas inutile de penser à inclure ce – nouvel ? - opus dans la discothèque idéale du « parfait » petit ingénieur du son-musicien-compositeur.
Voyez plutôt…
Jusqu’à présent, lorsque nous vous avons parlé des célèbres studios d’Abbey Road, c’était pour vous entretenir des diverses réintroductions des mythiques appareillages qui les équipaient il y a près d’un demi-siècle, plutôt que des célèbres hôtes qu’ils ont vu défiler. Bien évidemment, parmi tous ceux-ci, les Beatles occupent indéniablement la place d’honneur et ceci depuis plus de quarante ans. Force nous est cependant de reconnaître que ces quatre garçons ont indiscutablement marqué leur époque et que cela continue encore aujourd’hui tant ils étaient innovants. Au delà des modes, outre le célèbre tandem de chanteurs-compositeurs Lennon et McCartney (sans oublier George Harrison), dont de très nombreuses chansons ont été reprises par les plus grandes vedettes du box office, nous ne pouvons pas non plus ignorer le travail de création sonore réalisé en studio par cette joyeuse équipe, cela sous la houlette de leur producteur George Martin qui a d’ailleurs aussi abondamment collaboré à la construction de leurs morceaux, ainsi qu’à l’écriture de leurs arrangements. En effet, la sortie, en juin 1967, de l’album « Sgt. Pepper’s Lonely Harts Club Band » - une première mondiale: neuf mois de travail en studio sur magnétophones quatre pistes - marque assurément le début d’une nouvelle manière de travailler le son en studio, ceci depuis la prise jusqu’au mixage…
Si, depuis leur séparation en 1970, de nombreuses remasterisations, compilations et autres rééditions sur CD ont vu le jour, celles-ci demeurent, à notre avis, autant d’événements essentiellement réservés aux aficionados du groupe. Aussi, la sortie, il y a quelques semaines, de LOVE dans sa belle robe orange aurait-elle pu passer inaperçue – du moins aux yeux d’un père noël surchargé de travail… Grave erreur cependant car, moyennant quelques euros de plus, ce CD peut être accompagné d’un DVD qui présente l’intérêt d’être porteur d’une spatialisation en 5.1 – attention: les deux versions (CD et CD+DVD) possédant des pochettes rigoureusement identiques (mêmes couleurs, mêmes graphismes et mêmes tailles), on peut facilement les confondre; elles ne se différencient en fait que par l’épaisseur du boîtier qui demeure, lui, au format traditionnel des CD et SACD (12,5 x 13,5 cm). En outre, comme il s’agit d’un disque hybride «vidéo-audio», ce dernier contient, non seulement, des pistes Dolby Digital et dts (plus PCM stéréo) lisibles sur tous les lecteurs DVD du commerce, mais aussi en prime une version codée au format DVD-Audio, c.-à-d. en 24 bits / 96 kHz – quand on connaît le soin et la qualité apportés aux productions d’EMI, voilà qui devrait commencer à mériter notre attention. Même si, pour bénéficier de la plus haute qualité audio, il vous faudra malgré tout disposer d’un lecteur multistandard, ne vous laissez néanmoins pas rebuter si celui-ci vous fait défaut (si vous n’en trouvez pas en solde en janvier, ce sera peut-être l’occasion d’investir dans un lecteur HD-DVD qui les décode d’office?) car, quoi qu’il en soit, la version en multicanal du DVD-vidéo contrebalance déjà largement les quelques euros supplémentaires réclamés pour ce coffret, même s’il ne contient d’autre image que la liste des morceaux, ni aucun bonus!
Pour la petite histoire, l’origine de cette réalisation remonte à 2003: concevoir une heure et demie de décor sonore fondé exclusivement sur des enregistrements originaux des Beatles, ceci à destination d’un spectacle audiovisuel du « Cirque du Soleil » - dirigé par Dominic Champagne et dont la première a eu lieu au Mirage de Las Vegas en juin dernier. Pour ce faire, outre une équipe d’artistes et de concepteurs du Cirque du Soleil, il a été fait appel à leur vieux complice de toujours, George Martin (ainsi à présent qu’à son fils Giles), cela non seulement avec l’aval des intéressés (Paul McCartney et Ringo Star) ou de leurs ayant droits (Olivia et Yoko, pour les regrettés George Harrison et John Lennon), mais aussi avec leur étroite collaboration. Le résultat se situe donc parfaitement à la hauteur des standards traditionnels du groupe!
La richesse sonore du contenu de la plupart des compositions des Beatles (dès 1965), de même que l’ouverture d’esprit indéniablement avant-gardiste de leurs membres (lecture accélérée, ralentie ou inversée d’instruments, recours à de multiples doublages des sources, utilisation de bruitages divers préfigurant les mises en boucles d’échantillons que nous connaissons aujourd’hui, etc.), nous conduisent assurément à penser que s’ils avaient connu le multicanal, ils n’auraient certes pas non plus manqué d’en faire usage. Tout comme d’ailleurs ils ont exploité à fond les possibilités novatrices offertes par les multipistes de l’époque – même s’ils n’ont finalement pas utilisé plus que huit pistes (et ceci seulement pour leurs deux derniers albums: « Let It Be » et « Abbey Road » dans l’ordre chronologique d’enregistrement). En effet, il suffit d’écouter quelques uns de leurs morceaux pour constater que leur rampe stéréophonique était habituellement pour le moins « généreusement » fournie. Et encore d’avantage aujourd’hui, la comparaison des deux versions CD (stéréo) et DVD (multicanal) devrait indubitablement permettre aux derniers sceptiques de s’en convaincre. Ici, la répartition judicieuse des différents éléments compositionnels sur six canaux apporte encore une dimension supplémentaire à leur musique – et cela, même si forcément toutes les sources premières n’ont au départ même pas pu être enregistrées en multipiste (tel leur « I Want To Hold Your Hand » en 1963, dont on ne récupère qu’une version réverbérée en surround), ou encore lorsque l’arrangement demeure dépouillé comme initialement voulu (tel celui de « Yesterday » de 1965 qui a depuis fait l’objet d’un nombre incalculable d’adaptations et d’orchestrations) - l’inclusion de tels « classiques », à peine retouchés, relève évidemment de choix artistiques, appréciables certes à des niveaux divers: nous les laisserons donc à l’appréciation de chacun…
Cela dit, même en stéréo, le travail de remixage demeure en soi toujours intéressant et créatif. Dommage cependant que les versions des années 60 ne soient pas jointes en bonus, cela nous aurait permis d’opérer une comparaison immédiate et d’apprécier ainsi encore mieux le labeur de recréation réalisé - mais rien ne vous empêche d’aller fouiller dans votre grenier…
Stéréo ou multicanal, malgré l’évolution considérable des technologies de prise de son entre 1963 et 1969 (dont le passage de deux à huit pistes), l’ensemble actuel forme néanmoins un tout cohérent dont la qualité sonore reste parfaitement bien homogène – on pourrait croire qu’il s’agit d’enregistrements actuels. De plus, la trentaine de morceaux du disque s’enchaînent d’une manière quasi continue (comme c’était déjà le cas pour l’album « Sgt. Pepper’s ») et, à part quelques cordes de la plume de George Martin (également compositeur du quatuor originel dans « Yesterday ») qui se substituent totalement à l’orchestration originale de « While My Guitar Gently Weeps » (pour ne conserver que le chant et la guitare acoustique originels), aucun autre matériau supplémentaire n’a été rajouté aux enregistrements – il y avait bien assez de quoi faire. On peut donc dire que tout est - pratiquement - d’origine, y compris divers petits commentaires de studio glanés çà et là auxquels s’ajoutent quelques lectures inversées, accélérées ou ralenties - cela bien dans l’esprit du groupe qui les pratiquait d’ailleurs déjà traditionnellement sur ses albums bien avant Sgt. Peppers!
En revanche, le travail va ici bien plus loin que les remix courants. Déjà, tous les titres ne sont pas forcément joués en entier, ni dans la suite habituelle de leurs couplets/refrains/solos; la chanson d’ouverture (« Because ») étant même tout simplement interprétée a capella avec quelques bruits de la nature. Mais en prime, on retrouve tout au long du CD nombre de mesures extraites d’autres chansons utilisées, soit en guise de transition, soit en superposition avec un autre morceau. Ainsi p. ex.: l’introduction de « Get Back » est constituée de la célèbre coda au piano de « A Day In The Life » (mais lue à l’envers), elle-même suivie du seul solo de batterie de Ringo (issu de « The End »), leur point de montage étant astucieusement masqué par l’accord d’ouverture de « A Hard Days Night ». Ou bien encore: la basse et la batterie de « Tomorrow Never Knows » qui viennent se chevaucher avec la piste de chant de George Harrison dans « Within You Without You ») – un exercice pour le moins délicat réalisé de main de maître par Paul Hicks et Gilles Martin (sur Pro Tools)…
Mais nous ne voulons pas vous gâcher votre plaisir de (ré)écoute et de (re)découverte car, vous l’aurez compris, c’est bien à un nouveau genre de best of, très substantiellement « amélioré », que nous avons affaire – nous serions tentés de dire: ce qu’il faudrait – sans doute absolument - retenir de nos quatre gaillards de Liverpool!
« LOVE » : assurément un excellent programme pour 2007!
Sorti il y a un demi-siècle aux USA (mais injustement présenté à l’époque comme un produit plutôt à destination des adolescents), Forbidden Planet est en fait le tout premier grand film de science fiction (en cinémascope et couleur!) pour lequel une partition entièrement électronique fut composée, ceci par Louis et Bebe Baron.
Différentes éditions commémorent cet « événement »...
Tout d’abord, signalons la sortie aux Etats-Unis d’un HD-DVD « collector » proposant une version restaurée du film. Comme, contrairement au Blu-ray Disc, ce nouveau type de DVD « haute définition » n’est pas zoné, rien ne vous empêche donc de l’importer dès aujourd’hui des USA. Le seul inconvénient est que, de ce côté de l’Atlantique, il n’y a actuellement aucun lecteur à ce format pourvu de l’ensemble des nouveaux décodeurs audio « HD » de Dolby et dts, ainsi que d’un port HDMI de type 1.3. Ceci étant dû à un problème de puce qui a contraint Toshiba à reporter le lancement de son HD-XE1 au mois de février (au plus tôt), ce n’est donc pas un oubli si le père noël ne vous en a pas apporté, comme nous lui avions pourtant suggéré dans notre article paru dans le dernier numéro de notre revue...
A destination de ceux qui ne souhaitent pas forcément investir dans un tel lecteur (et qui sont aussi peut-être un peu moins impatients), une version sur double DVD traditionnel - et également un HD-DVD? - est annoncée en Europe pour ce printemps par Warner France, marquant ainsi à son tour le 50e anniversaire de l’arrivée du film sur le vieux continent. Notez que, si seulement la version originale bénéficie d’un son 5.1 (la VF étant en mono), des sous-titres français sont bien entendu disponibles. Quant à la spatialisation des voies, elle conserve le mixage d’origine conçu à l’époque afin de favoriser une écoute plutôt frontale - comme c’était d’ailleurs alors l’habitude, ceci à l’opposé des « Space Opéras » que nous connaissons aujourd’hui. Néanmoins, ici ce respect du positionnement des sources - essentiellement à l’avant - ne nuit absolument pas à la partition électronique; bien au contraire: elle lui permet de conserver ainsi une clarté et une présence remarquables, comme cela avait d’ailleurs été originellement voulu!
Enfin, les plus passionnés d’entre vous seront heureux d’apprendre qu’un livre entièrement dédié à l’analyse musicale de cette partition est, lui, directement disponible chez Scarecrow Press : « Louis and Bebe Baron’s Forbidden Planet: A film Score Guide ». Ecrit par James Wierzbicki, musicologue à l’université du Michigan et éditeur en chef responsable de l’édition d’une série de critiques auprès de la MUSA (un département de la société américaine de musicologie), cet ouvrage compte quelque deux cents pages abondamment illustrées à l’aide de nombreuses transcriptions et graphiques. Ces derniers présentant en outre l’intérêt de pouvoir également servir de modèle en vue de l’étude d’autres pièces électroniques pour lesquelles on ne dispose pas de partition écrite, nous ne pouvons donc que vous en conseiller la lecture.
http://www.scarecrowpress.com/
Paul Snaps
Nous ne pouvions clôturer 2006 sans tenir compte d’un autre anniversaire d’importance : celui-ci s’est déroulé alors que nous étions à l’IBC d’Amsterdam...
C’est en effet en septembre 1956 que le premier système de stockage à disques magnétiques a vu officiellement le jour chez IBM : 350 plaques de 29,5 pouces (largeur maximale pour que l’engin puisse franchir les portes de leurs bureaux). Celui-ci occupait un local entier et ses disques tournant à 1.200 tours/minute permettaient d’atteindre une capacité de 5 millions de caractères (de 7 bits à cette époque), correspondant à peine aujourd’hui à un petit morceau de musique en MP3 surround – tandis qu’à la même époque les enregistrements s’effectuaient en mono sur magnétophones Ampex à bande pesant, eux, une bonne centaine de kilos !

Prototype de 1953...
Répondant au doux nom de IBM 305 RAMAC (pour "Random Access Method of Accounting and Control" ou méthode de comptabilisation et de commande à accès sélectif), il coûtait 50.000 dollars et disposait d'une densité d'information de 2.000 bits par pouce carré, le transfert des données s'effectuant à la vitesse impressionnante de 8.800 caractères par seconde...
Depuis, plus de deux milliards de disque durs magnétiques ont été fabriqués et aujourd'hui un disque dur d'un demi-téraoctet ne coûte plus que 250 €, ce qui équivaut à 100.000 fois plus de capacité pour 200 fois moins cher, soit 20 millions de fois moins cher que son ancêtre – ceci sans tenir des dévaluations: le modèle actuel est donc en fait encore nettement plus économique!
Petite chronologie du disque dur :
1956 premier disque dur IBM RAMAC
1962 premières têtes à coussin d'air, l28 Mb - la densité est multipliée par 1.000
1965 premiers disques " extractibles "
1966 premières têtes en ferrite
1973 le modèle surnommé « Winchester » possède une capacité de 60 Mb, c'est l'ancêtre de nos disques modernes
1979 premières têtes à film mince
1979 les premiers disques de 8 pouces remplacent le standard de 14 pouces.
1980 le ST-506 de Seagate est le premier disque de 5 pouces 1/4 , il sera utilisé dans les premiers PC
1983 Rodime présente le RO-352, le premier 3,5 pouces
1985 apparition de Quantum avec une carte ISA sur laquelle était monté un disque dur de 10,5 Mb pour équiper les PC qui en étaient dépourvus
1986 Conner présente le CP-3022 avec une nouvelle technologie pour les 3,5"
1988 Conner réduit la hauteur du CP3022 à un pouce.
1988 PrairieTek lance le 2,5 pouces qui deviendra la norme pour les ordinateurs portables
1990 arrivée du modèle 681 (Redwing) d’IBM, un 857 MB à tête Magnétorésistive.
1991 on remplace la couche d'oxyde par un film mince
1991 premiers disques de 1,8 pouce de chez Integral Peripherals, ils seront utilisés dans les PC-Card
1992 Hewlett Packard lance le C-3013A, c'est le premier 1,3"
2005 Toshiba présente le premier disque de la dimension d'une pièce de un euro !
(à suivre...)
Willy Aubert
C’est en effet le 24 décembre 1906 que Reginald Aubrey Fessenden réalisa la toute première transmission radio mêlant voix et musique. Son contenu, vous l’aurez deviné : des chants de Noël !
Depuis un émetteur situé à Brant Rock au Massachusetts (Etats-Unis), Fessenden et ses assistants ont en effet joué des musiques de Noël et lu des contes - Fessenden lui-même interprétant au violon «Douce nuit» et chantant la dernière strophe. Les tout premiers auditeurs se trouvèrent être des opérateurs à bord de bateaux en mer, l’émission étant entendue de l’Atlantique aux Caraïbes…
Mieux que le téléphone !
Né au Québec, Canada, en 1866, Fessenden était apparemment déjà un prodige quand il était enfant: à l’âge de 14 ans seulement, il reçut un prix de mathématiques de son collège. Mais c’est quand il avait 10 ans qu’il fit peut-être une des expériences les plus marquantes de sa vie: il entendit son oncle raconter une démonstration faite par l’inventeur du téléphone, Alexander Graham Bell, qui habitait une ville voisine. Bell, on le sait, émettait la voix par des ondes d’électricité voyageant le long d’un fil; or, selon des témoins, Fessenden demanda pourquoi les fils étaient nécessaires, les ondes sonores pouvant librement parcourir de longues distances.
Cet intérêt précoce devait finir par amener Fessenden au monde de la radio, après qu’il eut travaillé dans plusieurs autres disciplines et passé quelque temps au laboratoire de Thomas Edison. En 1900, soit près de six ans jour pour jour avant son émission de Noël, Fessenden fut à l’origine de la toute première émission radio de la voix humaine. Ses travaux se fondaient sur la théorie des ondes continues pour acheminer le signal radio, et non pas sur l’idée de Guglielmo Marconi pour qui il était nécessaire de créer des ondes radio en générant toute une série d’«étincelles» discontinues. Fessenden devait dans un premier temps améliorer le système de Marconi en inventant l’émetteur à éclateur rotatif synchrone. Mais, ensuite, il mit au point une machine capable de produire des ondes radio continues: un alternateur haute fréquence (HF) dont un terminal était relié à la terre et l’autre à une antenne accordée. En novembre 1906, il avait ainsi fabriqué un alternateur HF qui fonctionnait dans la bande 50–90 kHz, avec une sortie maximale d’environ 300 watts.
1906 : L’année commence bien
Fessenden fut à l’origine d’une autre première en produisant une émission télégraphique bidirectionnelle par-delà l’Atlantique en janvier 1906, utilisant le code Morse - Marconi avait certes déjà transmis des signaux par radio en 1901, mais seulement dans un sens. Par la suite, des messages furent échangés, sur la fréquence de 88 kHz, entre Brant Rock et une station située à Macrihanish sur la côte occidentale de l’Ecosse. Fessenden et ses collaborateurs entreprirent alors de transmettre avec le nouvel alternateur HF des signaux radio à destination d’une station située à Plymouth, Massachusetts; or voilà que, en novembre, ils reçurent une information tout à fait inattendue en provenance d’Ecosse: l’équipe de Macrihanish avait clairement entendu une conversation échangée entre les opérateurs de la station de Plymouth pendant une expérience. Ce fut la première émission radio transatlantique à avoir lieu, accidentellement! Un mois plus tard, à la veille de Noël, Fessenden réalisa une émission, qu’il avait prévue, elle, à destination de cargos appartenant à la United Fruit Company et transportant des bananes depuis Puerto Rico. Cette émission fut également captée par d’autres navires, de la Marine des Etats-Unis en particulier, et Fessenden réalisa une autre émission le jour de la Saint-Sylvestre.
Fessenden était assurément un génie, même si son nom est moins connu que d’autres (Marconi, p. ex.) qui possédaient peut-être plus de talent pour promouvoir leurs idées. A sa mort en 1932, il détenait des centaines de brevets - juste dépassé en cela par Edison. Le système radio à ondes continues qu’il a inventé devait devenir incontournable. On observera que Fessenden a fait également de nombreuses autres inventions fort utiles, depuis le téléavertisseur jusqu’à un type de microfilm, mais celle qui nous touche assurément le plus reste la radiodiffusion, grâce à laquelle la voix et la musique peuvent être acheminées directement à nos oreilles sur de grandes distances.
Le patron de la « General Electric » ne disait-il pas de lui: c’est le plus grand inventeur du « sans fil », plus grand que Marconi…
En tous cas: joyeux Noël!
Willy Aubert
Tout comme il est possible de restaurer l’image, on peut également nettoyer le son afin de le débarrasser de toutes sortes d’altérations liées au vieillissement des supports, voire même d’éliminer certains défauts liés à la prise de son originelle... Mais comment procéder afin de créer un espace multicanal qui n’a absolument pas été imaginé au départ ?
On peut bien sûr, passer le signal dans un processeur automatique de spatialisation - avec tous les aléas en termes de localisation approximative et d’effets secondaires liés à « l’ambiophonie synthétique ». Ou - tout comme ce sera le cas, par exemple, avec la nouvelle bande son de la mythique série télévisée américaine « Star Trek » - réorchestrer et réenregistrer entièrement la partition – là, il suffit d’en avoir les moyens, mais avec le risque de créer un décalage d’époque entre le son actuel et l’image de l’œuvre originelle. Ou encore - et pourquoi pas ? – faire tout simplement appel à la société française Mist Technologies qui propose une solution, à notre avis, bien plus raisonnable en vue de réaliser une « vraie » remasterisation audio.
En fait, celle-ci se propose de réaliser, au départ d’un fichier Wav de la bande originale (même mono !), toute une série de fichiers dissociant les différents éléments sonores caractéristiques du film - sans perte, ni ajout et tout en conservant une phase cohérente au final. Au terme de ce procédé (qui prend quelques jours), le mixeur dispose exactement de la même bande son qu’à l’origine, mais à présent sous une forme multipiste (compatible Dolby E). Il ne lui reste donc plus qu’à opérer une répartition en multicanal du contenu du mixage original! La dynamique et tout le travail artistique initial peuvent ainsi être conservés et l’opération de spatialisation réalisée bien plus rapidement que s’il avait fallu reprendre tout un mixage en partant des pistes séparées brutes.

Dans la démonstration qui nous en a été faite, lors du SATIS à Paris sur le film « La mort aux trousses » d’Alfred Hitchcock, pas moins de 22 pistes ont été récréées au départ d’un signal mono et le résultat était tout bonnement saisissant ! C’est d’ailleurs la même équipe qui a travaillé sur la spatialisation de la voix d’Edith Piaf pour certaines chansons du film d’Olivier Dahan « La Mome » qui sortira au printemps prochain; la voix des Beatles repiquée des fameux shows d’Ed Sullivan de la belle époque ayant, elle aussi, fait l’objet de divers essais de démixage à la demande d’Eagle Rock France afin de juger de l’efficacité de ce procédé – affaire à suivre…
PARIS CYBER VILLAGE
204, rue de Crimée
75019 PARIS
Tél. [00 33] (0)1 55 26 42 30
Fax : [00 33] (0)1 55 26 42 03
info@mist-technologies.com
Paul Snaps

L’émission « Métissages », produite par Alain Defossez et présentée par Pascale Seys, vous propose une heure hebdomadaire d'exploration musicale métissée d'électronique, d'électroacoustique, d'art sonore et d'acousmatique. Elle est diffusée sur les ondes de RTBF Musiq 3 et vous pouvez la capter en Belgique et dans le Nord de la France, ainsi que sur Internet dans le monde entier.
Ce lundi 25 décembre 2006 à 22 h, carte blanche sera donnée à Annette Vande Gorne, directrice de la section de composition électroacoustique au Conservatoire de Mons, qui dévoilera en exclusivité lors de l’émission quelques pages de son projet d'opéra acousmatique Yawar Fiesta.Au programme de cette émission de Noël :
Luciano BERIO : Omaggio a Joyce pour voix et électronique, avec Cathy Berberian, voix.
Roald BAUDOUX : Improglio, avec Jean-Michel Van Schouwburg, vocaliste (collectif « Inaudible »).
Ingrid DRESE : Tout autant.
François BAYLE : extrait de Vibrations composées : Petite polyphonie.
Annette VANDE GORNE, musique et Werner LAMBERSKY, livret : Yawar Fiesta, opéra acousmatique. Vous en entendrez les deux extraits suivants : Lamento, avec Françoise Vanhecke, soprano ; et le Monologue final, avec Charles Kleinberg et Werner Lambersy, voix.
Christian ZANÉSI : Les voix de Pierre Schaeffer.
Joyeux Noël à tous !
Renseignements :
Métissages
Musiq3 RTBF
Ou par courriel auprès de Musiques & Recherches : musiques.recherches@skynet.be
L’atelier musical pour personnes déficientes de l’Académie de musique de Soignies « La Chantrerie » (Belgfique), dont le but est de rendre la musique accessible aussi aux personnes présentant un handicap, reprendra le mardi 9 janvier 2007 dans les locaux de l’Académie. Attention : désormais, l’atelier aura lieu les mardis et les samedis.Renseignements :
Académie de musique de Soignies
Rue Ferrer, 8
B-7060 Soignies
Belgique
Tél. : [00 32] 67 34 16 07
Internet : http://www.academiedesoignies.be/triso.html

Les 34es Concours Internationaux de Musique et d’Art Sonore de Bourges, organisés par l’IMEB (Institut International de Musique Electroacoustique Bourges), sont ouverts. Pour cette 34e édition, la date limite d’inscription et de remise des œuvres, accompagnées des formulaires de candidature remplis et signés est le dimanche 15 avril 2007.
Comme chaque année, le concours est divisé en trois degrés qui sont fonction de l’âge et de la carrière du candidat ; chaque candidat ne peut concourir que dans un seul degré.
Le degré I, intitulé Résidence, est ouvert à tout compositeur français ou étranger, âgé de 18 ans à 25 ans inclus ; il n’y a pas de limite d'âge si le candidat est encore étudiant. Le candidat peut concourir avec deux œuvres maximum.
Le degré II est ouvert à tout candidat français ou étranger âgé de 26 ans et plus. Ce degré a pour objectif le soutien à la création et la promotion de compositeurs, la valorisation de leur œuvre et le développement de leur carrière. Le degré II comporte un Trivium, lui-même divisé en trois catégories et consacré aux œuvres dont la vocation est le concert et la radiodiffusion, ainsi qu’un Quadrivium, divisé quant à lui en quatre catégories (œuvre d'art sonore électroacoustique ; œuvre pour la danse et le théâtre ; œuvre d'installation sonore ou d'environnement sonore ; œuvre pour le multimédia). Un candidat peut proposer une ou deux œuvres maximum dans chacune de ces catégories, mais chaque œuvre ne pourra bien entendu concourir que dans une seule catégorie.
Quant au degré III, intitulé Magisterium, il est réservé aux artistes français et étrangers ayant au moins 25 ans de carrière avérée dans la composition de musique électroacoustique. Ce degré III a pour objectif la promotion de compositeurs affirmés, et la diffusion à vocation historique et pédagogique d’œuvres qui peuvent former des repères dans le développement de la musique électroacoustique.
Vous pouvez télécharger le règlement détaillé et les formulaires d’inscription aux concours sur cette page du site de l'IMEB.
Renseignements :
IMEB
Place André Malraux BP39
F-18001 Bourges Cedex
France
Tél. : [00 33] (0) 2 48 20 41 87
Fax : [00 33] (0) 2 48 20 45 51
Courriel : administration@ime-bourges.org
Adresse d’envoi des œuvres et des formulaires d’inscription :
Huissier - SCP Christine Jacquet
1 rue Coursarlon
F-18000 Bourges
France
Notre confrère Octopus, le journal en ligne des musiques libres et inventives, qui vient tout juste de souffler ses 12 bougies, vous invite à son 4e Festival d’Inventeurs d’instruments du vendredi 5 au samedi 20 janvier 2007 à Main d’Œuvres, au Centre Pompidou et au Point Ephémère à Paris, France. Les inventeurs d’instruments, chercheurs inspirés, mécaniciens éclairés, informaticiens géniaux et autres mélomanes excentriques, n’appartiennent à aucun courant. Ils forment cependant une famille vaste, évolutive et éclectique, dont Octopus vous propose de rencontrer certains des membres lors de son festival.
Programme des concerts :
Le jeudi 18 janvier à 20 h 30 à Mains d’Œuvres, vous pourrez entendre le Belge Max Vandervorst, luthier sauvage (ou musicothérapeute pour objets abandonnés), dans une Symphonie d’objets abandonnés, ainsi qu’ORBES, alias Manu Holterbach et Sophie Durand (France) dans un concert de Verres Enharmoniques. Qui ne s’est pas amusé, lors de ces interminables repas de Noël ou de communion, à mettre à mal les verres en cristal de Grand-Mère pour en tirer des sons ô combien célestes ? Il s’agit ici d’une version nettement plus élaborée du système ; les verres enharmoniques se distinguent en effet de ce bon vieux cristallophone par leur pied creux relié par une tuyauterie flexible à une pompe remplie d’eau, contrôlée aux pieds par le musicien. Ce procédé permet de produire une musique composée de modulations microtonales, qui joue de la résonance du lieu, puisqu’elle n’est pas amplifiée.Le vendredi 19 janvier à 20 h 30 au Centre Pompidou, la performance Atlantic Waves IV de l’Allemand Monolake sera particulièrement susceptible de vous intéresser, puisque cet artiste constitue un des « chaînons manquants » entre la techno et les musiques électroacoustiques et acousmatiques.
Vous entendrez ensuite Jacques Rémus (France) et Rolf Sudmann (Allemagne) dans un Duo de machines musicales mécaniques & caméra musicale versus thérémine & trautonium. Les inventions sonores et musicales de Jacques Rémus répondent aux versions revisitées par son compère Rolf Sudmann de ces « ancêtres » de la musique électroacoustique que furent le Thérémine et le Trautonium, tous deux inventés dans la 1ère moitié du XXe siècle.
Et le samedi 20 janvier à 20 h 30 au Point Ephémère, vous pourrez entendre Jacques Dudon (France) dans une séance de Synthèse photosonique. Ce procédé de son invention utilise des disques (instrument de synthèse graphique générant optiquement des sons) créés par ordinateur sous forme d’images numériques et directement imprimés sur supports transparents. Par sa rotation, le disque pulse les rayons lumineux qui le traversent à des fréquences audibles, lesquelles sont converties par un
capteur de signaux électriques. Enfin, ce sera au tour du Modified Toys Orchestra de Brian Duffy (Grande-Bretagne), un designer de formation reconverti aux joies illimitées du « circuit bending » (que l’on peut traduire grosso modo par « bidouillage de circuits »), de charmer vos portugaises à l’aide de ses Musiques pour jouets modifiés. La technique du « circuit bending », actuellement très en vogue, consiste à récupérer d’anciens jouets équipés de circuits sonores rudimentaires et à bidouiller lesdits circuits pour en tirer toute la quintessence. Le « circuit bending », c’est la musique électronique sans le midi, sans l’échantillonnage (excepté sur un Casio SK1, à la rigueur), sans l’ordinateur… Allez donc me récupérer cette bonne vieille Dictée Magique de Texas Instruments au grenier, et à vos fers à souder !
En-dehors de ces concerts, vous êtes conviés à venir visiter deux installations sonores - Cyclophones, d’Eric Van Osselaer (Belgique) et de François Cys (France), et Larsen magnétique, de Vincent Bondet (France) - qui seront visibles et audibles du vendredi 5 (vernissage à 19 h) au dimanche 21 janvier 2007 au Point Ephémère. Et le mercredi 17 janvier, au Point Ephémère toujours, vous aurez l’occasion de rencontrer l’équipe d’Octopus autour de la thématique des inventeurs d’instruments.Cliquez sur le lien ci-après pour consulter le programme détaillé du festival.
Renseignements :
Octopus
61, rue Georges Lardennois
F-75019 Paris
France
Tél. : [00 33] (0) 1 42 45 15 50
Fax : [00 33] (0) 1 42 45 13 83
Contact : Sonia Musnier , courriel : s.musnier@octopus-enligne.com
Lieux :
Mains d’Œuvres
1 rue Charles Garnier
F-93400 Saint-Ouen
France
Point Éphémère
200 quai de Valmy
f-75010 Paris
France
Centre Pompidou
Place Georges Pompidou
F-75004 Paris
France

La 2e édition du Festival de VJing « VJ Vision’R » d’AVit France se déroulera les vendredi 19, samedi 20 et dimanche 21 janvier 2007 dans le complexe Mains d’Œuvres à Saint-Ouen, Paris, France.
Lors de la première édition de cette manifestation, près de 1.500 visiteurs et de 30 collectifs se sont retrouvés ; 200 VJs (« Visual Jockeys » ou « Video Jockeys ») venus de plusieurs pays ont déjà répondu présent pour l’édition 2007.
Gage de qualité, cet événement est labellisé AVit, réseau international de VJing actif en Angleterre, en Allemagne, aux USA, en Argentine, au Canada et en Nouvelle-Zélande.
Le VJing, pendant visuel du DJing, est de l’art de mixer en direct des images sur une musique électronique interprétée elle aussi en direct, que ce soit par des instrumentistes ou par un DJ. Le VJing constitue la part visuelle de ces événements musicaux et se traduit par l’utilisation de projections vidéo ou photo faisant appel aux codes visuels adéquats au style musical ou en référence au thème de la soirée. Mais il ne s’agit pas d’un simple accompagnement visuel limité à un schéma narratif ou illustratif : tout comme le Disc-Jockey, le Visual-Jockey donne libre cours à son imagination pour créer une œuvre visuelle à part entière à partir des images, symboles, esthétiques… qui l’interpellent.
Renseignements :
Vision'R
45 rue de Belfort
F-92400 COURBEVOIE
France
Tél. : [00 33] (0) 6 10 94 63 62
Courriel : vision-r@reseaux-creation.org
Lieu :
Mains d'Oeuvres
1, rue Charles Garnier
F-93400 Saint-Ouen
France
(Métro Garibaldi ou Porte de Clignancourt)


